Occasions manquées
Que ce soit un regard fugitif dans le métro ou plus appuyé tout le long d'un trajet en train, que ce soit une discussion que l'on aurait aimé prolongée mais qui a trop vite été avortée, que ce soit une amitié que l'on a jamais osé pousser plus loin...
Que d'occasions manquées par un grand timide... on m'a d'ailleurs souligné la justesse des vers d'Antoine Pol, repris par Brassens dans "Les passantes" que je ne tarde pas à vous faire partager. Que la dernière strophe me parle bien...
Que d'occasions manquées par un grand timide... on m'a d'ailleurs souligné la justesse des vers d'Antoine Pol, repris par Brassens dans "Les passantes" que je ne tarde pas à vous faire partager. Que la dernière strophe me parle bien...
Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connaît à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais
A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main
[A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulut rester inconnue
Et qui n'est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal]
A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant
A ces timides amoureuses
Qui restèrent silencieuses
Et portent encor votre deuil
A celles qui s'en sont allées
Loin de vous, tristes esseulées
Victimes d'un stupide orgueil
Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin
Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux coeurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir
PS : la quatrième strophe n'a pas été reprise par Brassens.
"Les passantes", paroles d'Antoine Pol, interprétée par Georges Brassens
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