Pourquoi ? Comment ? Que faire ? Dans quelle Etat j'erre ?

Ce matin, mes guibolles se reposent... Cela fait du bien car je suis un peu fatigué par les efforts consentis pour me rendre au boulot en ce moment.
Je lisais un article sur Libé concernant le traitement des grèves par les journaux télévisés qui m'a interpellé (d'ailleurs il y en a un autre sur ASI).
C'est vrai que le traitement de l'information par la télé explique souvent les propos simplistes entendus à la machine à café alors que la sauvegarde de l'institution qu'est la Sécurité Sociale mériteraient d'élever un peu le débat (et là-dessus les syndicats sont également fautifs).
Personnellement, la "galère" de Madame Michu pour se rendre à son travail ne m'intéresse pas. Oui, les grèves emmerdent des millions d'usagers des transports en commun (dont je fais partie). Mais une fois cela dit, à part pour satisfaire le quart d'heure de célébrité cher à Warhol, ces reportages n'apportent rien...
Alors je n'ai pas les réponses à toutes les questions que je me pose sur un sujet loin d'être simple, mais c'est aussi ce que j'attends d'un journaliste :
- La réforme est "nécessaire", c'est martelée comme une vérité sainte mais on ne parle jamais de quelle réforme exactement, ne peut-on pas la mener autrement ?J'ai vraiment l'impression qu'à force d'énoncer des leitmotiv comme quoi, on ne peut rien faire pour sauver la sécu, les gens en sont convaincus... Et les journaux télévisés sont en grande partie responsables de tout cela : l'évocation de "privilèges", "prise d'otages" passés dans le vocabulaire courant m'insupporte (allez demander à la famille Betancourt), les sujets très réducteurs sur la grève qui ne sont guère que quelques micro-troittoirs, et Pernaut... Pernaut - TF1 - Bouygues - Sarkosy... Le chemin est court !
Combien de réformes pour la branche "maladie" ont été menées pour sauver la SS sans aucun incident sur son déficit ?
- L'Etat est endetté vis à vis de cette institution. De nombreuses exonérations fiscales ont été accordées aux entreprises et devaient être compensées mais ne l'ont jamais été. Le trou n'en est que plus béant...
- Les chiffres avancées sur les régimes spéciaux n'ont rien d'extraordinaire par rapport au problème. Ce n'est pas en supprimant ces régimes, grandement financés par les entreprises concernées (EDF, SNCF, RATP...), leurs cotisations patronales étant largement au-dessus de celles du privé, que l'on va régler quoi que ce soit.
Par contre, on s'assure un mouvement impopulaire entre le privé et le service publique.
- On ne parle que de l'allongement de la durée de la vie pour expliquer le problème. Il est clair que c'est une donnée majeure !
Mais par contre, je vois une contradiction entre ce discours qui justifie un allongement des durées de cotisation et les préretraites mises en place dans toutes les grosses boîtes. Après 55 ans, direction la sortie...
Cet allongement de la durée de cotisations oblige simplement les personnes qui partent à faire de plus en plus appel aux systèmes de retraites complémentaires proposés par les assurances.
Rien à voir avec une augmentation des cotisations pour équilibrer le régime retraite.
- On stigmatise tous les problèmes sur les salariés, qui vivent plus vieux, sont moins nombreux, etc. Mais quid au niveau des entreprises ? Si la durée de vie de leurs salariés a augmenté, leur nombre a diminué et leurs profits grimpés en flèche depuis 30 ans...
Pourquoi ne pas aussi évoquer / étudier / demander un effort sur le capital ? Non, on ne parle que du travail... Etrange, et que l'on ne me parle pas de la fiscalité trop lourde pesant sur les entreprises françaises tout en se ravissant de la montée en flèche du cours de leurs actions suite à l'annonce de profits records.
A qui profite le crime ? La sécu, c'est un gâteau de plusieurs centaines de milliards d'euros... Bon appétit messieurs Bébear et consorts !
Sur ce, je vous laisse tranquille...
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