Il y a longtemps que je t'aime
Hier soir, j'ai été voir le premier film d'un écrivain que j'aime beaucoup, Philippe Claudel. Pour la petite histoire, je suis rentré avec un collègue qui avait les Inrocks dans son sac, que j'ai emprunté et survolé... En parcourant en diagonale, la critique du film, je suis tombé sur les mots de trop : la fin de l'histoire... Juste pour dire que les critiques qui se permettent de descendre un film, soit, mais quand ils racontent la fin d'un film, je trouve cela fort dommage et nullissime (Libé est aussi spécialiste).
Fin de la parenthèse...
Juliette Fontaine (Kristin Scott Thomas) sort de prison et retrouve sa soeur Léa (Elsa Zylberstein), universitaire installée dans la région nancéenne. C'est ces retrouvailles que va nous relater le cinéaste.
L'apprivoisement de sa grande soeur pour Léa, le réapprentissage de la vie pour Juliette. D'abord, retrouver une place dans une cellule familiale, puis dans la sphère sociale et professionnelle tout cela avec le lourd poids du crime en tâche de fond...
Claudel distille les informations au goutte à goutte, en nous relatant la vie quotidienne des deux femmes. Et bien que l'on voit venir la chose de loin, réussit quand même assez bien à faire jouer notre corde sensible...
La première image de Kristin Scott Thomas est saisissante tant on la sent usée, fatiguée de la vie... bien loin des portraits sur papier glacé que l'on peut voir de l'actrice.
J'ai bien aimé ce film mais je suis un peu déçu, sans doute que j'en attendais trop (d'ailleurs, je trouve la dernière bande-annonce du film où l'on voit tous les spectateurs, émus aux larmes, très mal à propos). Le fait d'avoir lu ces quelques lignes y sont sans doute aussi peut-être pour quelque chose...
Bref, une première expérience cinématographique plutôt réussie mais pas un chef-d'oeuvre...
De Philippe Claudel
Avec Kristin Scott Thomas, Elsa Zylberstein...
Durée 1h55