Les Russkoffs
Après "Les Ritals", où Cavanna nous racontait dans son style si particulier, plein de tendresse, d'humour et de vie, son enfance dans la rue Sainte-Anne à Nogent, il partage dans ce livre son vécu de la seconde guerre mondiale.Il est aux PTT lors de la débâcle de juin 1940 et comme des centaines de milliers de français, il se retrouvera sur les routes de France, sur son vélo de compétition, afin de rejoindre l'administration à Bordeaux. Les esprits se lâchent, scène de pillage, début de la débrouille.
J'ai pensé à ma grand-mère car elle racontait un peu cette épisode, notamment les rafales tirées par des avions italiens sur les colonnes de réfugiés. Mon père a toujours douté de la véracité de l'épisode car l'autonomie des avions italiens ne devait pas être suffisante...
Vient ensuite le STO, il se retrouve dans une usine allemande à travailler à la chaîne dans une fabrique d'obus en compagnie de volontaires, d'autres forcés et surtout des Babas russes et ukrainiennes.
Il vit une grande histoire d'amour avec Maria, à qui le livre est dédié, au milieu de la souffrance des camps, perpétuellement à la recherche de quelque chose à manger, car il a faim le Cavanna !
Il subit la loi de quelques Kapos car son travail pour le grand Reich n'est pas forcément des meilleurs, trouve du réconfort dans l'apprentissage du russe, pleure à l'écoute des chants des Babas, éprouve de la joie dans le partage d'une ration de patates...
Puis c'est l'avancée des alliés en Allemagne, des bombardements à l'aveugle (il en veut aux américains et anglais) où tout le monde risque sa peau, des travaux de déblayage où on rapine pour la débrouille... et toujours Maria que l'on retrouve au retour du camp.
Lors de l'évacuation des camps pour échapper aux Rouges, il parvient avec Maria à se défiler. Ils sont heureux car ensemble et libres mais il perdra Maria et courra à travers le pays pour la retrouver en vain.
Très beau livre, dans le style de Cavanna, il s'adresse à son lecteur, lui raconte, le fait participer... Tout est sentiment, tu te lèches les babines à l'évocation de tremper ta langue dans un peu de sucre, tu as envie de les entendre aussi ces chants russes qui font vibrer les coeurs, tu dégueules à l'évocation de la petitesse humaine (le champ couvert de voitures SS réfugiées chez les ricains, les russes dégommant l'allemand sans forme de procès).
Puis c'est l'avancée des alliés en Allemagne, des bombardements à l'aveugle (il en veut aux américains et anglais) où tout le monde risque sa peau, des travaux de déblayage où on rapine pour la débrouille... et toujours Maria que l'on retrouve au retour du camp.
Lors de l'évacuation des camps pour échapper aux Rouges, il parvient avec Maria à se défiler. Ils sont heureux car ensemble et libres mais il perdra Maria et courra à travers le pays pour la retrouver en vain.
Très beau livre, dans le style de Cavanna, il s'adresse à son lecteur, lui raconte, le fait participer... Tout est sentiment, tu te lèches les babines à l'évocation de tremper ta langue dans un peu de sucre, tu as envie de les entendre aussi ces chants russes qui font vibrer les coeurs, tu dégueules à l'évocation de la petitesse humaine (le champ couvert de voitures SS réfugiées chez les ricains, les russes dégommant l'allemand sans forme de procès).
Les Russkoffs
François Cavanna
Le Livre de Poche (1981)
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