La vie des autres

Publié le par pierogod

Après une matinée infructueuse consacrée à nouveau à la recherche de mon portable, mais cette fois pendant les horaires d'ouverture des différents bureaux des objets trouvés (Rue des Morillons pour la RATP, Saint-Lazare et Austerlitz pour la SNCF), j'ai décidé d'aller voir "La vie des autres" au cinéma...

L'histoire commence en 1984 à Berlin-Est, Gerd Wiesler (Ulrich Mühe) est un officier méritant de la Stasi, reconnu pour ces capacités et qui donne même des cours aux futurs agents du service de contre-espionnage de la RDA sur les méthodes d'interrogatoire.

Wiesler entretient des liens d'amitié avec le Lieutenant-Colonel Grubitz (Ulrich Tukur), chargé de la surveillance des milieux intellectuels. Ce dernier trouvera dans l'amour que porte le ministre de la Culture à l'actrice, Christa-Maria Sieland (Martina Gedeck), une bonne occasion d'obtenir les faveurs d'un membre important du comité du parti. Il confiera alors la mission à Wiesler de trouver quelquechose contre Georg Dreyman (Sebastian Koch), écrivain de théâtre et compagnon de l'actrice.

Wiesler, solitaire et dont la vie privée se réduit à une peau de chagrin, va s'attacher peu à peu au couple et se révéler sensible à son sort.
Ses certitudes sur la grandeur et la nécessité de sa mission au service de son pays s'effriteront au fur et à mesure qu'il découvre à quel point ces personnes sont victimes d'un arbitraire dont il est un des acteurs.

Il relâche alors la surveillance de cet auteur qui jusqu'à maintenant n'a rien d'un révolté (bien au contraire), et s'inquiète de la pression exercée par le ministre sur sa compagne jusqu'au jour où il omettra de faire mention dans son rapport du comportement subversif de Dreyman qui rédige un article sur le suicide en Allemagne de l'Est, dont les statistiques sont inconnues alors que l'on compte tout dans ce pays.
Malgré ses gestes, il ne parviendra pas à ne pas bouleverser la vie de cet homme car la machine Stasi est en route et dispose de nombreux écrous...

La fin du film traite de l'ouverture des archives de la Stasi et de la découverte par Dreyman du rôle qu'a eu l'agent HGW-XX07 sur sa vie et à qui il dédiera son livre "Sonate à un homme bon".

Je me suis posé la question à ce moment du film comment l'Allemagne avait pu gérer cette situation (je n'ai pas eu vent de règlements de compte en série, mais c'est vrai que j'étais jeune en 1989) , des centaines de milliers de dossiers ouverts à ces victimes de la surveillance de la Stasi, avec consultation possible des 100 000 agents et 200 000 informateurs impliqués ! Quand on voit comment cela s'est passé en France à la Libération, il y a de quoi se poser des questions...

Le film nous représente bien la pression constante que pouvait instaurer la Stasi sur le milieu intellectuel est-allemand et sur la population dans son ensemble (surveillances, écoutes, dénonciations, chantages, pas besoin d'user de la torture physique). Même s'il est difficile au départ de croire au retournement de cet officier si méticuleux dans son travail au début du film, le message passe très bien et donne un petit coup de fouet à notre désir de croire en l'humanité.


PS : j'aurai bien, moi aussi, écrit un article à l'homme bon (ou la femme) qui aurait rapporté mon portable perdu, cela aurait été un pied-de-nez à toutes les personnes qui me disaient que je rêvais de croire qu'une personne honnête aurait rapporté mon portable... Dommage, il reste ce film quand même !


De Florian Henckel Von Donnersmarck
Avec Ulrich Mühe, Sebastian Koch, Martina Gedeck, Ulrich Tukur...
Durée 2h17
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Publié dans Cinéma

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